Reconversion des friches industrielles: un enjeu de territoire pour les emplois de demain
Publié le 18/04/2012
De son riche passé industriel, le département de l’Ardèche conserve aujourd’hui des PME dynamiques et innovantes, leaders dans leurs domaines, mais également différentes friches industrielles issues de l’arrêt de certaines activités. Loin de se résigner devant la logique inexorable des mutations technologiques, le Conseil général a décidé de donner une seconde vie à ces sites abandonnés. L’enjeu est clair: offrir l’opportunité à de nouvelles entreprises d’y créer les emplois de demain. Une opération gagnante pour Ardèche Développement, qui a lancé un ambitieux programme de réhabilitation des friches sur l’ensemble du département, en partenariat avec la Région Rhône-Alpes et l’Europe et sous la maîtrise d’ouvrage d’Ardèche Aménagement.
Une seconde vie pour les friches industrielles
Les friches industrielles, témoins à la fois d’une tradition industrielle vivante et des difficultés économiques qu’ont connues nombre de secteurs d’activités, présentent souvent des potentialités pour l’implantation de nouvelles entreprises, sur un territoire où le foncier disponible est parfois rare. L’enjeu est primordial : recréer des emplois qui ont été perdus dans les années passées. C’est dans cet objectif que la Région Rhône-Alpes et le Département de l’Ardèche ont signé fin 2010 un protocole d’accord concernant trois friches:
- l’ancienne fonderie Trivino à La Voulte-sur-Rhône,
- l’ancien site de production de nougats Chabert & Guillot au Teil,
- les locaux occupés jusqu’en 2008 par la société Extrem Décors à Lamastre.
Un avenant à ce protocole a été signé pour deux autres sites :
- l’ancienne solderie Bartafouille au Pouzin,
- l’ancienne station de conditionnement et d’expédition de fruits, Rhodacoop, à Saint-Péray
Et le challenge est en passe d’être relevé.
Des opérations concrètes voient le jour
Preuve que tous ces efforts ne sont pas vains, l’implantation, sur le site de La Voulte, d’une unité de production de pièces pour l’automobile par la société DPIA (Distribution de Produits Industriels et Automobiles). Au démarrage de l’activité, 5 personnes vont être recrutées sur le site Voultain pour fabriquer des pièces qui servent à fixer les ressorts à lames sur les essieux de camions. A terme une dizaine de personnes pourraient travailler sur ce site. L’entreprise valentinoise a installé un nouvel outil de production: « Le site de Valence était trop petit pour y loger la ligne de production de barres de torsion et de brides que j’ai rachetée à un confrère en difficulté », explique François Rabany, PDG de la société DPIA. « De par leur ancienne activité et leur emplacement au cœur d’une zone industrielle, les anciennes Fonderies Trivino constituaient un site idéal ». Un autre atout de ce site a été, pour François Rabany, le caractère très attractif du prix du tènement proposé: « à surface et à équipements égaux, l’investissement y est moins élevé que dans un bâtiment neuf et l’on peut disposer du site beaucoup plus rapidement« .
En plein centre ville du Teil, l’ancienne usine Chabert et Guillot, est désormais méconnaissable. Tout a été démoli et dépollué pour laisser place à la construction de logements locatifs et d’un espace à vocation tertiaire. Enfin, un pôle santé rassemblant plusieurs domaines du secteur médical et paramédical est également prévu. Ainsi, sur une partie du terrain s’est ouverte il y a peu » La Maison de Lionel » , une maison d’accompagnement intermédiaire entre l’hôpital et le domicile.
À Lamastre, un projet industriel devrait voir le jour : un accord a été trouvé entre le SDEA, le liquidateur d’Extrem Décors et le tribunal de commerce, et des entreprises se sont déjà positionnées sur le site.
L’ancienne station de conditionnement et d’expédition de fruits, Rhodacoop, à Saint-Péray est actuellement en phase de déconstruction; une nouvelle zone d’activités commerciales et artisanales va y voir le jour.
Enfin, sur la commune du Pouzin, la démolition de la solderie Bartafouille va permettre l’aménagement d’un accès plus aisé au port fluvial que va aménager la CNR sur le Rhône, et la création d’un nouveau parking.
Un effet levier auprès des fonds européens
Redonner vie à ces friches coûte cher ; c’est pourquoi la mutualisation de moyens est nécessaire. L’accord conclu entre le Conseil général de l’Ardèche et la Région Rhône-Alpes a permis de lever des fonds européens. » Peu de départements bénéficient d’aides de l’Europe sur les friches industrielles « précise Pascal Terrasse, Président du Conseil général. Au total plus de 2,4 millions d’euros ont été mobilisés pour réhabiliter ces friches.
L’ensemble des opérations de réhabilitation est menée par Ardèche Aménagement (SDEA – Syndicat Départemental d’Equipement de l’Ardèche), comme l’explique son Directeur, Daniel Renaud: « Le SDEA intervient pour le compte des communes ou collectivités sur le territoire desquelles sont implantées les friches, dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler des contrats de mission. Le SDEA fait l’acquisition des sites, fait procéder aux travaux, puis se charge de trouver un repreneur. Nous prenons également à notre charge toute l’ingénierie financière et administrative« .
La réhabilitation de ces friches constitue ainsi un véritable trait d’union entre le passé industriel et les emplois du futur.
>>> A lire également sur le blog:
Aides & Accompagnement
Les pépinières d’entreprises: favoriser l’implantation des entreprises de demain
Cypack: un amour de poignée!









