Saules et eaux: pour que (re)vivent les rivières!

Publié le 4/07/2012

Faire (re)vivre nos rivières: un objectif ambitieux que s’est fixée une jeune entreprise ardéchoise: Saules et eaux. Implantée à Intres depuis 2009 et bénéficiaire de l’appel à projets Pépites à sa création, la société partage son activité entre deux secteurs: la protection des berges de rivières à travers des chantiers de génie végétal et la protection de la biodiversité, grâce à l’éradication de l’écrevisse de Californie. En route pour un voyage au fil de l’eau.

Saules et eaux c’est avant tout l’histoire de deux passionnés. Théo Duperray, tombé amoureux du milieu aquatique à l’age de 6 ans et des écrevisses à 9, « en péchant une écrevisse là où elle était supposée avoir disparu! » et Yoann Fouchet, spécialiste en génie végétal. Au départ « un projet un peu fou », de l’aveu même de Théo Duperray et aujourd’hui une entreprise connue et reconnue bien au-delà des limites du département pour son action en faveur des milieux aquatiques.

Une volonté: participer à la préservation des milieux aquatiques…

S’il est un lien qui unit à la fois les deux associés et les deux activités (très différentes, nous allons le voir) c’est bien cette passion commune des milieux aquatiques et leur préservation.
Les écosystèmes aquatiques sont aussi riches qu’ils sont fragiles.  Les rivières et autres plans d’eau subissent de nombreuses dégradations,  naturelles (crues, éboulements…) ou provoquées par l’activité humaine (travaux d’aménagement, introduction d’espèces invasives…). Saules et eaux intervient pour réparer ces outrages ou éviter que les choses ne dégénèrent.

… mais deux métiers foncièrement différents.

Prédator!

La stérilisation les écrevisses de Californie.
De prime abord l’activité surprend et l’objectif peut sembler flou. Mais au fil de la discussion avec Théo Duperray, les choses se précisent et tout l’enjeu pour la protection de l’écosystème apparait.
Introduite en France volontairement, l’écrevisse de Californie ( Pacifastacus leniusculus pour les intimes) est un cauchemar pour le milieu aquatique en général et pour les espèces endémiques en particulier: plus grosse, plus vorace, plus tôt à maturité, se reproduisant plus rapidement et, pour parfaire le tableau, potentiellement porteuse saine de l’Aphanomycose, peste de l’écrevisse, mortelle à 100% pour ses congénères européennes.

Devant ces caractéristiques qui ne laissent aucune chance aux autres espèces, cette charmante bestiole a été classée « Espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » et fait donc l’objet de mesures d’éradication dans un certain nombre de cours d’eau.

C’est là que Saules et eaux intervient, grâce à un protocole dont l’objectif est d’empêcher la fécondation, et qui se déroule en quatre phases:

  • Capturer un maximum d’individus
  • Stériliser les gros mâles
  • Tuer les femelles et les petits mâles
  • Relâcher les gros mâles après stérilisation

Sur la table d’opération.

Cette procédure aboutit à la déstabilisation du « sex-ratio » et de l’équilibre des tailles, avec au final une très forte diminution des populations, l’objectif étant leur disparition à moyen terme.

Cette campagne se déroule au mois de septembre, avant la période d’accouplement, à la demande de fédérations de pêche, parc naturels régionaux ou parcs nationaux.

« Mais comment diable stériliser une écrevisse? » nous direz-vous. Hé bien… mécaniquement, et c’est tout ce que nous sommes en mesure de vous révéler, la procédure mise au point par Théo Duperray étant secrète. En constante amélioration grâce à de nombreux tests réalisés par l’entreprise, cette méthode divise aujourd’hui la probabilité de reproduction des écrevisses par plus de 10. Et Théo l’affirme: « nous allons encore progresser! ».
Prochaine étape: améliorer la capture des petits spécimens grâce à un système d’aspiration en cours d’élaboration.

Comme la protection passe aussi par une meilleure connaissance des espèces endémiques, Saules et eaux est également spécialiste de l’arpentage nocturne et de la recherche diurne des populations d’écrevisses à pieds blancs dans le cadre de différents programmes: études d’impacts, études piscicoles, inventaires natura 2000…

La revégétalisation des berges.
Les cours d’eau subissent des crues ou sont l’objet direct ou indirect de travaux d’aménagement qui ne sont pas sans conséquence sur l’état de leurs berges, perturbant là encore l’écosystème.

Des entreprises spécialisées en génie végétale se chargent de remettre en état les sites concernés. Différentes techniques existent mais beaucoup utilisent le saule. Lits de branches, caissons végétalisés, plantation de boutures… autant de modes d’utilisation de cet arbuste particulièrement adapté aux milieux aquatiques.

Un caisson végétalisé

Saules et eaux se positionne en fournisseur de branches ou de boutures. Elles sont récoltées, entre mi-octobre et fin mars, en milieu naturel et au plus près des chantiers, pour limiter les coûts de transport et respecter « l’indigénat génétique », garantissant une bonne adaptation à leur nouveau milieu. Une fois conditionnées selon les besoins du client, elles sont enfin expédiées sur site.

Un projet totalement innovant pour l’Ardèche, deux associés disposant d’une bonne formation et expérience, un accompagnement par plusieurs organismes d’appui aux projets (REGATE/ELI, Site de Proximité des Boutières, IEDV), une démarche environnementale: tous les éléments étaient réunis pour que Conseil général soutienne ce « projet un peu fou » via Pépites.

Une aide appréciée par les dirigeants: « La subvention Pépites nous a donné un bon coup de pouce. Elle nous a permis d’investir dans du matériel plus performant et les délais d’attribution font qu’elle arrive au bon moment ». Trois ans après sa création, l’entreprise voit l’avenir sereinement et nul doute qu’elle continuera encore longtemps à en pincer pour la protection des rivières de France.

Les coordonnées de Saules et eaux:
Lapra
07 310 INTRES
04 75 29 48 57
theo.duperray@sauleseteaux.fr
Site Internet: http://sauleseteaux.fr/

 

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